Ivermectine et Mébendazole contre le cancer étude prospective
Ivermectine et mébendazole contre le cancer : une étude prospective rapporte un bénéfice clinique chez…
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Depuis plusieurs années, le concept de repositionnement thérapeutique (ou drug repurposing) attire l’attention de nombreux chercheurs en cancérologie. L’idée consiste à utiliser des médicaments déjà connus, initialement développés pour traiter d’autres maladies, afin d’explorer leur potentiel contre certains cancers.
Cette stratégie présente plusieurs avantages. Les médicaments concernés disposent souvent d’un recul important concernant leur sécurité d’emploi, leur fabrication est maîtrisée et leur coût est généralement bien inférieur à celui de nombreuses thérapies innovantes.
Parmi les molécules les plus étudiées figurent deux antiparasitaires bien connus : l’ivermectine et le mébendazole. De nombreuses recherches précliniques réalisées ces dernières années ont montré que ces deux molécules possèdent des propriétés biologiques susceptibles d’interférer avec plusieurs mécanismes impliqués dans la croissance des cellules cancéreuses. Ces observations ont conduit plusieurs équipes de recherche à s’intéresser à leur éventuel intérêt en oncologie.
En 2026, une équipe américaine a publié dans la revue Anticancer Research une étude prospective en vie réelle évaluant l’utilisation conjointe de ces deux médicaments chez des patients atteints de différents types de cancers. Les auteurs rapportent des résultats encourageants, tout en soulignant eux-mêmes que ceux-ci doivent être interprétés avec prudence et confirmés par des essais cliniques randomisés.
Cet article propose une analyse vulgarisée de cette publication afin de mieux comprendre ce qu’elle apporte réellement aux connaissances actuelles.
Développer un nouveau médicament anticancéreux est un processus particulièrement long, complexe et coûteux. Entre la découverte d’une molécule et sa mise sur le marché, il peut s’écouler plus de dix ans de recherche clinique et plusieurs milliards d’euros d’investissements.
À cela s’ajoute un taux d’échec très élevé : de nombreuses molécules prometteuses en laboratoire ne démontrent finalement pas une efficacité suffisante chez l’être humain ou présentent une toxicité trop importante.
Le repositionnement thérapeutique permet de contourner en partie ces difficultés. Soit un gain de temps et d’investissement dans des recherches longues. Cependant des freins existent, ils sont en rapport avec la faible rentabilité pour les actionnaires grincheux. ( Voir FDA )
Le principe consiste à évaluer des médicaments déjà commercialisés pour d’autres indications afin de déterminer s’ils pourraient également agir sur certaines maladies, notamment les cancers.
Cette approche présente plusieurs avantages :
Selon les auteurs de l’étude, cette stratégie pourrait permettre d’accélérer l’identification de nouvelles approches complémentaires susceptibles d’accompagner les traitements conventionnels, tout en réduisant les délais de développement.
Toutefois, disposer d’une bonne tolérance ne signifie pas qu’un médicament est automatiquement efficace contre le cancer. Chaque nouvelle indication doit être démontrée par des essais cliniques rigoureux.
L’étude intitulée « Real-world Clinical Outcomes of Ivermectin and Mebendazole in Cancer Patients: Results from a Prospective Observational Cohort » a été publiée en 2026 dans la revue scientifique Anticancer Research.
Contrairement à un essai clinique randomisé, il s’agit d’une étude prospective observationnelle.
Concrètement, les chercheurs n’ont pas réparti les participants au hasard entre un groupe traité et un groupe témoin. Ils ont simplement observé l’évolution de patients ayant reçu une prescription d’ivermectine et de mébendazole dans leur pratique médicale courante.
Les données ont été recueillies grâce à deux questionnaires standardisés :
Les chercheurs se sont principalement intéressés à plusieurs critères :
Les auteurs précisent que leur objectif n’était pas de démontrer définitivement l’efficacité de cette association médicamenteuse, mais d’obtenir un premier signal clinique permettant de guider de futures recherches.
Au total, 197 adultes atteints d’un cancer confirmé ont participé au questionnaire initial.
Parmi eux, 122 patients, soit près de 62 %, ont également répondu au questionnaire de suivi réalisé environ six mois plus tard, permettant ainsi d’évaluer l’évolution déclarée de leur état de santé.
Les caractéristiques générales de cette population montrent qu’il s’agissait principalement de patients âgés :
Les cancers représentés étaient très variés.
Les plus fréquents étaient :
De nombreux autres types de cancers étaient également représentés, notamment des cancers du pancréas, des voies biliaires, des reins, de la vessie, des cancers ORL, des lymphomes, des mélanomes, des tumeurs cérébrales et plusieurs autres localisations plus rares.
La population étudiée présentait également des profils très différents concernant l’ancienneté de la maladie.
Près de la moitié des participants avaient été diagnostiqués depuis moins d’un an, tandis que d’autres vivaient avec leur cancer depuis plusieurs années.
Au début de l’étude :
La majorité des patients avaient déjà bénéficié de traitements conventionnels avant leur inclusion :
Autrement dit, cette cohorte ne concernait pas uniquement des personnes ayant choisi une approche alternative, mais regroupait essentiellement des patients suivis dans un parcours oncologique classique, auxquels venait s’ajouter l’association ivermectine-mébendazole dans un contexte de pratique médicale réelle.
Tous les participants ont reçu une préparation magistrale associant :
dans une même gélule.
La prescription était réalisée par des médecins américains via une plateforme de télémédecine.
La posologie n’était pas totalement identique d’un patient à l’autre. Les médecins adaptaient le traitement selon la situation clinique, mais la plupart des participants prenaient une à deux gélules par jour, parfois selon des schémas cycliques.
La première prescription comportait généralement 90 gélules.
Il est important de souligner que cette association était utilisée en dehors de son autorisation officielle de mise sur le marché pour le traitement du cancer (off-label), ce qui signifie que son emploi reposait sur la décision du médecin prescripteur et non sur une indication validée par les autorités de santé.
Les chercheurs ont ensuite analysé l’observance du traitement, les éventuels effets indésirables ainsi que l’évolution déclarée de la maladie au cours des six mois suivant la mise en route de cette stratégie thérapeutique.
L’objectif principal de cette étude était d’évaluer l’évolution déclarée de l’état de santé des patients environ six mois après le début de l’association ivermectine-mébendazole.
Parmi les 122 participants ayant répondu au questionnaire de suivi, les chercheurs ont observé des résultats qu’ils qualifient eux-mêmes d’encourageants, tout en rappelant que ceux-ci proviennent d’une étude observationnelle et non d’un essai clinique contrôlé.
Les patients devaient décrire l’évolution de leur maladie selon quatre catégories :
Les résultats rapportés étaient les suivants :
Autrement dit, près de la moitié des participants (48,4 %) ont rapporté soit une disparition apparente des signes de leur cancer, soit une diminution de celui-ci, tandis qu’un peu plus d’un tiers décrivaient une stabilisation de leur maladie.
Ces observations ont conduit les auteurs à calculer un indicateur appelé Clinical Benefit Ratio (CBR), qui constitue le principal critère d’évaluation de leur étude.
Le Clinical Benefit Ratio, ou taux de bénéfice clinique, est un indicateur fréquemment utilisé en cancérologie afin d’évaluer la proportion de patients qui retirent un bénéfice apparent d’un traitement.
Contrairement au taux de réponse tumorale, qui ne prend généralement en compte que la réduction de la taille des tumeurs, le CBR adopte une vision plus large.
Dans cette étude, il additionne trois catégories de patients :
En additionnant ces trois groupes, les chercheurs obtiennent un Clinical Benefit Ratio de 84,4 %.
Cela signifie que 103 des 122 participants ayant répondu au suivi ont déclaré que leur maladie avait disparu, diminué ou au minimum cessé de progresser pendant la période d’observation de six mois.
Il est cependant essentiel de comprendre ce que représente réellement ce chiffre.
Le CBR ne constitue pas une preuve que le traitement est responsable de cette évolution. Dans une étude sans groupe témoin, il est impossible de déterminer quelle part de l’évolution est liée :
Les auteurs insistent d’ailleurs sur ce point tout au long de leur discussion : ce résultat constitue un signal clinique intéressant, mais ne permet pas de démontrer une relation de cause à effet.
Au-delà de l’évolution du cancer, les chercheurs souhaitaient également savoir si les patients poursuivaient effectivement leur traitement.
L’observance constitue un critère important en médecine : un médicament difficile à supporter est souvent interrompu rapidement, ce qui limite son intérêt potentiel.
Dans cette cohorte :
Ces chiffres traduisent, selon les auteurs, une bonne acceptabilité globale de cette association thérapeutique.
La majorité des patients prenaient en moyenne une ou deux gélules par jour, tandis que quelques-uns recevaient des doses plus élevées adaptées à leur situation clinique.
Comme tout traitement médicamenteux, l’association ivermectine-mébendazole n’était pas totalement dépourvue d’effets indésirables.
Au cours du suivi :
Les manifestations les plus fréquemment rapportées étaient :
Dans la majorité des cas, ces effets ont été considérés comme légers à modérés.
Parmi les patients concernés :
Les auteurs soulignent ainsi que 93,6 % des personnes ayant présenté un effet indésirable ont pu poursuivre le traitement après un simple ajustement de la posologie.
L’un des aspects intéressants de cette étude est qu’elle reflète la réalité des pratiques cliniques.
Les patients ne recevaient pas uniquement de l’ivermectine et du mébendazole.
Beaucoup poursuivaient en parallèle leurs traitements anticancéreux conventionnels ou mettaient en œuvre diverses approches complémentaires.
Parmi les interventions les plus fréquemment rapportées figuraient :
Cette diversité thérapeutique illustre bien la difficulté d’attribuer les résultats observés à une seule intervention.
C’est précisément l’une des raisons pour lesquelles les auteurs insistent sur la nécessité de réaliser des essais randomisés, dans lesquels toutes les autres variables sont mieux contrôlées.
Les chercheurs ont également cherché à déterminer si les patients prenant davantage de gélules obtenaient de meilleurs résultats. Pour cela, ils ont comparé les participants recevant une, deux, trois ou quatre gélules par jour.
Leur analyse n’a montré aucune relation statistiquement significative entre la dose moyenne et l’amélioration déclarée du cancer. Les taux de bénéfice clinique augmentaient en amélioration de vitesse d’action mais restaient comparables entre les différents groupes.
Les effets secondaires semblaient être plus fréquents chez certains patients recevant des doses plus importantes, notamment dans le groupe consommant en moyenne plus de deux gélules quotidiennes.
Les auteurs précisent toutefois que cette analyse exploratoire portait sur des groupes de taille relativement modeste et devra être confirmée par des études spécifiquement conçues pour répondre à cette question.

L’un des intérêts majeurs de cette publication réside dans la discussion des mécanismes biologiques susceptibles d’expliquer les observations rapportées.
Les auteurs rappellent que, depuis plusieurs années, de nombreuses études expérimentales ont montré que ces deux molécules possèdent des mécanismes d’action complémentaires.
Selon les données précliniques citées dans l’article, l’ivermectine agirait simultanément sur plusieurs voies de signalisation essentielles à la survie des cellules cancéreuses.
Parmi elles figurent notamment :
Les auteurs rappellent également que plusieurs travaux suggèrent une action sur les mitochondries, une diminution de l’angiogenèse (formation de nouveaux vaisseaux sanguins alimentant les tumeurs) ainsi qu’une action potentielle sur les cellules souches cancéreuses, considérées comme l’un des principaux moteurs des récidives tumorales.
Le mébendazole agit selon un mécanisme différent.
Il perturbe les microtubules, véritables structures qui servent de charpente interne aux cellules.
Sans ces microtubules, la cellule cancéreuse rencontre des difficultés à se diviser correctement.
Les études expérimentales citées par les auteurs montrent également que le mébendazole pourrait :
Selon les chercheurs, l’intérêt potentiel de cette association réside précisément dans cette complémentarité.
Plutôt que d’agir sur une seule cible moléculaire, les deux médicaments pourraient intervenir simultanément sur plusieurs mécanismes essentiels au développement tumoral.
Cette approche dite multi-cibles constitue aujourd’hui l’un des axes de recherche les plus explorés en cancérologie, les tumeurs utilisant souvent plusieurs voies biologiques pour contourner les traitements.
Les auteurs soulignent cependant que ces mécanismes proviennent principalement d’études réalisées en laboratoire et chez l’animal. Ils constituent une explication biologique plausible des résultats observés, mais ne démontrent pas, à eux seuls, une efficacité clinique chez l’être humain. C’est précisément tout l’enjeu des futurs essais cliniques que cette étude appelle de ses vœux.
Les nombreux témoignages de réussite non officiels de la part de particuliers du monde entier devrait être un déclencheur tant attendu, comme le souligne le docteur Makis.
L’un des intérêts majeurs de cette publication est qu’elle ne s’appuie pas uniquement sur les résultats de la cohorte étudiée. Les auteurs replacent leurs observations dans un contexte scientifique plus large en citant plusieurs travaux publiés ces dernières années sur le repositionnement de médicaments antiparasitaires en cancérologie.
Ils rappellent notamment que de nombreuses études expérimentales ont montré que l’ivermectine possède une activité antitumorale sur différents modèles cellulaires et animaux. Plusieurs revues de littérature décrivent son action sur des voies de signalisation impliquées dans la prolifération des cellules cancéreuses, l’angiogenèse, les cellules souches tumorales et la résistance aux traitements.
Concernant le mébendazole, les auteurs citent plusieurs publications démontrant une inhibition de la croissance tumorale dans différents modèles précliniques, notamment grâce à son action sur les microtubules, indispensable à la division des cellules cancéreuses.
Des recherches suggèrent également une diminution de l’angiogenèse, une perturbation du métabolisme énergétique des cellules tumorales et une augmentation de leur sensibilité à certains traitements conventionnels.
L’étude évoque également plusieurs travaux cliniques ou observations publiées au cours des dernières années.
Parmi elles figurent :
Les auteurs citent également une série de cas publiée en 2025 concernant le fenbendazole chez trois patients atteints d’un cancer avancé.
Dans l’ensemble, les chercheurs estiment que ces travaux contribuent à construire une plausibilité biologique, mais qu’ils restent à officialiser cela par les preuves d’efficacité clinique sur l’humain.
Même si cette étude ne constitue pas une preuve définitive d’efficacité, elle possède plusieurs qualités méthodologiques qui méritent d’être soulignées.
Le premier point fort réside dans son caractère prospectif.
Contrairement aux études rétrospectives, les données ont été recueillies au fur et à mesure du suivi des patients, selon un protocole établi à l’avance.
Autre élément intéressant : la cohorte regroupait des patients présentant des cancers très variés, à différents stades d’évolution et ayant déjà reçu de nombreux traitements conventionnels. Cette diversité reflète davantage la pratique clinique quotidienne qu’une population extrêmement sélectionnée.
Les chercheurs ont également recueilli des informations détaillées concernant :
Cette approche permet d’obtenir une photographie relativement complète de la prise en charge des participants dans des conditions de vie réelle.
Autre point positif : plus de 60 % des participants ont répondu au questionnaire de suivi, un taux considéré comme satisfaisant pour une étude observationnelle réalisée à distance.
Enfin, les auteurs ont comparé les caractéristiques des patients ayant répondu au suivi avec celles de l’ensemble de la cohorte initiale. Ils n’ont pas retrouvé de différence majeure concernant le recours aux principaux traitements conventionnels, ce qui suggère que les participants ayant répondu n’étaient pas simplement les patients présentant le meilleur pronostic.
Les témoignages encourageant que l’on trouve sur des recensements sur internet ne sont pas anodins non plus. Voir Le recueil de Makis
Les auteurs consacrent une large partie de leur discussion aux limites de leur travail. C’est un point essentiel, car ces limites conditionnent directement la portée des conclusions.
La première limite est l’absence de groupe témoin.
Tous les patients inclus recevaient l’association ivermectine-mébendazole. Il n’existait aucun groupe comparable recevant un placebo ou les seuls traitements conventionnels.
Deuxième limite : Les chercheurs ne disposaient pas systématiquement des comptes rendus d’imagerie, des examens biologiques ou des évaluations réalisées par les oncologues traitants.
Troisième limite : de nombreux patients poursuivaient simultanément d’autres traitements de compléments naturels notamment dans les pourcentage les plus haut en réussite.
Parmi eux figuraient notamment :
Il est donc impossible de distinguer précisément la contribution respective de chacune de ces approches.
Les auteurs soulignent également que la durée moyenne de suivi, d’environ six mois, reste relativement courte au regard de l’évolution naturelle de nombreux cancers.
Enfin, comme toute étude observationnelle, cette cohorte peut être influencée par différents biais statistiques, notamment :
Pour toutes ces raisons, les chercheurs insistent sur le fait que leurs résultats doivent être considérés comme générateurs d’hypothèses et non comme une démonstration d’efficacité.
Cette étude constitue l’une des plus importantes cohortes prospectives publiées à ce jour concernant l’association ivermectine-mébendazole chez des patients atteints de cancer.
Les auteurs rapportent un taux élevé de bénéfice clinique déclaré, une bonne observance et une tolérance globalement satisfaisante.
Ces observations sont cohérentes avec de nombreux travaux précliniques ayant mis en évidence plusieurs mécanismes biologiques potentiellement intéressants.
Cependant, il est indispensable de replacer ces résultats dans leur contexte scientifique.
Une étude observationnelle, même prospective, ne permet pas d’établir un lien de causalité.
Autrement dit, elle ne peut pas démontrer que l’amélioration observée est directement due au traitement.
Pour répondre à cette question, il faudra réaliser des essais cliniques répondant aux standards internationaux de la recherche médicale :
Les auteurs concluent eux-mêmes que leur travail constitue avant tout un signal clinique encourageant, susceptible de justifier la mise en place de tels essais.
En l’état actuel des connaissances, cette étude ne modifie donc pas les recommandations officielles de prise en charge du cancer, mais elle apporte des données supplémentaires qui pourraient contribuer à orienter les recherches futures.
Cette publication apporte plusieurs enseignements importants.
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