Ivermectine, cancer et recherche médicale (suite)

ivermectine et recherche médicale 2026

6. L’ivermectine dans les cancers respiratoires et le mélanome

Les recherches sur l’ivermectine se sont également intéressées à plusieurs cancers particulièrement agressifs, notamment le cancer du poumon, le carcinome nasopharyngé et le mélanome.

Ces tumeurs partagent souvent plusieurs caractéristiques communes :

  • une forte capacité d’invasion ;
  • un risque élevé de métastases ;
  • des résistances fréquentes aux traitements ;
  • l’activation de voies moléculaires complexes favorisant leur croissance.

Les études précliniques montrent que l’ivermectine pourrait agir sur plusieurs de ces mécanismes.

6.1. Carcinome nasopharyngé : une inhibition de la voie PAK1-MAPK

Le carcinome nasopharyngé est une tumeur qui se développe au niveau de la partie supérieure du pharynx, située derrière le nez.

Cette maladie présente une répartition géographique particulière et est fortement associée à l’infection par le virus Epstein-Barr (EBV).

Une activité observée chez l’animal

Dans des modèles expérimentaux, l’ivermectine a montré une capacité à ralentir significativement la croissance tumorale.

Les doses utilisées ne semblaient pas toxiques pour les cellules normales étudiées.

Le rôle central de PAK1

Les analyses biologiques ont montré que l’ivermectine réduisait fortement l’activité de la protéine PAK1.

Cette protéine agit comme un véritable chef d’orchestre dans de nombreuses cellules cancéreuses.

Elle contrôle notamment :

  • la prolifération cellulaire ;
  • la migration tumorale ;
  • l’invasion des tissus ;
  • la survie cellulaire ;
  • les métastases.

Lorsque PAK1 est inhibée, plusieurs cascades biologiques deviennent moins actives.

Une diminution de la voie MAPK

L’inhibition de PAK1 entraîne également une réduction de l’activité de la voie MAPK.

Cette voie de signalisation est l’une des plus importantes dans le développement des cancers.

Elle agit directement sur :

  • la croissance tumorale ;
  • la multiplication cellulaire ;
  • la résistance au stress ;
  • l’agressivité tumorale.

En bloquant simultanément PAK1 et MAPK, l’ivermectine semble perturber plusieurs mécanismes essentiels à la survie du carcinome nasopharyngé.

6.2. Cancer du poumon : plusieurs mécanismes anticancéreux identifiés

Le cancer du poumon demeure aujourd’hui le cancer responsable du plus grand nombre de décès dans le monde.

Malgré les progrès des thérapies ciblées et de l’immunothérapie, les formes avancées restent difficiles à traiter.

Une inhibition de la protéine YAP1

Comme dans certains cancers digestifs, les chercheurs ont observé que l’ivermectine pouvait inhiber l’activité de YAP1 dans les cellules pulmonaires cancéreuses.

YAP1 joue un rôle fondamental dans :

  • la croissance des tumeurs ;
  • la survie cellulaire ;
  • la résistance aux traitements ;
  • les métastases.

Sa surexpression est souvent associée à un mauvais pronostic.

En réduisant son activité, l’ivermectine semble ralentir plusieurs mécanismes favorisant la progression tumorale.

Une amélioration potentielle de l’erlotinib

L’erlotinib est une thérapie ciblée utilisée chez certains patients présentant une mutation du récepteur EGFR.

Les études ont montré que l’association entre l’ivermectine et l’erlotinib produisait un effet anticancéreux supérieur à celui observé avec l’erlotinib seul.

Cette synergie pourrait être liée à une meilleure régulation de la voie EGFR.

Réduction potentielle des métastases

L’un des résultats les plus intéressants concerne la transition épithélio-mésenchymateuse (TEM).

Qu’est-ce que la transition épithélio-mésenchymateuse ?

La TEM est un processus biologique par lequel une cellule tumorale perd ses caractéristiques d’origine et acquiert une plus grande capacité de déplacement.

Ce phénomène favorise :

  • l’invasion des tissus voisins ;
  • la circulation dans le sang ;
  • la formation de métastases.

Les chercheurs ont observé que l’ivermectine semblait freiner cette transformation.

Cette propriété pourrait contribuer à limiter la dissémination du cancer dans l’organisme.

6.3. Mélanome : un modèle particulièrement intéressant

Le mélanome est la forme la plus agressive des cancers de la peau.

Sa capacité à produire rapidement des métastases explique une grande partie de sa dangerosité.

Même si les immunothérapies modernes ont considérablement amélioré le pronostic, certaines formes restent difficiles à contrôler.

Une activité contre plusieurs types de mélanomes

Les chercheurs ont constaté que l’ivermectine ralentissait efficacement la croissance des cellules de mélanome.

Fait particulièrement intéressant, cette activité était observée aussi bien dans :

  • les mélanomes porteurs d’une mutation BRAF ;
  • les mélanomes sans mutation BRAF.

Cette observation suggère que l’effet de l’ivermectine pourrait concerner un large éventail de patients.

Une amélioration de l’efficacité du dabrafénib

Le dabrafénib est un traitement ciblé utilisé chez les patients porteurs d’une mutation BRAF.

Les études ont montré que l’association avec l’ivermectine augmentait significativement l’activité antitumorale.

Cette synergie attire particulièrement l’attention des chercheurs travaillant sur les thérapies combinées.

PAK1 : encore une fois au centre du mécanisme

Comme dans plusieurs autres cancers, PAK1 apparaît comme l’une des principales cibles biologiques de l’ivermectine.

Lorsque cette protéine est inhibée :

  • la prolifération diminue ;
  • la migration cellulaire ralentit ;
  • le potentiel métastatique se réduit ;
  • plusieurs voies de survie deviennent moins actives.

Cette observation renforce l’idée que PAK1 pourrait représenter l’un des mécanismes centraux expliquant les effets anticancéreux observés dans de nombreux modèles expérimentaux.

Une réduction des métastases pulmonaires

Dans plusieurs études animales, l’ivermectine a permis de réduire significativement le nombre de métastases pulmonaires issues du mélanome.

Cette observation est particulièrement intéressante puisque les métastases représentent la principale cause de mortalité chez les patients atteints de cancer.

6.4. L’autophagie dans le mélanome : un mécanisme original

Le mélanome est également l’un des cancers où les chercheurs ont le plus étudié le lien entre ivermectine et autophagie.

Qu’est-ce que l’autophagie ?

L’autophagie est un processus naturel de recyclage cellulaire.

La cellule détruit et recycle certains composants usés ou endommagés afin de maintenir son équilibre interne.

Dans certaines circonstances, ce mécanisme peut devenir tellement intense qu’il conduit à la mort de la cellule.

Le rôle de TFE3

Les chercheurs ont observé que l’ivermectine activait une protéine appelée TFE3.

Cette activation favorise :

  • la formation d’autophagosomes ;
  • l’augmentation du flux autophagique ;
  • la dégradation progressive des composants cellulaires.

Le rôle du stress oxydatif

L’effet observé semble dépendre des espèces réactives de l’oxygène (ROS).

Lorsque les chercheurs utilisaient un antioxydant pour neutraliser ces ROS, l’effet de l’ivermectine diminuait fortement.

Cette observation suggère que le stress oxydatif joue un rôle majeur dans l’autophagie induite par l’ivermectine.

Ce qu’il faut retenir

Les études précliniques montrent que l’ivermectine pourrait agir contre plusieurs cancers respiratoires et cutanés grâce à :

  • l’inhibition de PAK1 ;
  • la réduction de l’activité MAPK ;
  • le blocage de YAP1 ;
  • la diminution de la transition épithélio-mésenchymateuse ;
  • la réduction potentielle des métastases ;
  • l’augmentation de l’autophagie ;
  • l’amélioration de certaines thérapies ciblées comme l’erlotinib ou le dabrafénib.

À ce stade des recherches, un constat revient constamment : malgré la diversité des cancers étudiés, plusieurs mécanismes biologiques semblent réapparaître de façon répétée, notamment PAK1, YAP1, Akt/mTOR, le stress oxydatif et les différentes formes de mort cellulaire programmée.

C’est précisément ce dernier aspect qui constitue le cœur du mécanisme anticancéreux potentiel de l’ivermectine et qui sera abordé dans la section suivante consacrée à l’apoptose, l’autophagie et la pyroptose.


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1.2. 3. L’ivermectine contre le cancer : que révèlent les recherches scientifiques ?

4.L’ivermectine dans les cancers du système urinaire et les cancers du sang

5.Ivermectine et cancers gynecologiques

6.L’ivermectine dans les cancers respiratoires et le mélanome

7.Comment l’ivermectine pourrait-elle provoquer la mort des cellules cancéreuses ?

8.Cellules souches cancéreuses, résistance aux traitements et thérapies combinées : pourquoi l’ivermectine intéresse autant les chercheurs

9.PAK1 et les voies de signalisation : le cœur du mécanisme anticancéreux potentiel de l’ivermectine

10.L’ivermectine contre le cancer : où en est réellement la science en 2026 ?

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Source de l’article : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7505114/

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