Parodontite et parasites : et si nous avions oublié les hôtes microscopiques de nos gencives ?

Parodontite et parasites : Entamoeba gingivalis, Trichomonas tenax et le rôle méconnu des protozoaires

Parodontite et parasites : Entamoeba gingivalis, Trichomonas tenax et le rôle méconnu des protozoaires

Parodontite : et si la bactérie n’était pas le seul acteur ?

La parodontite est l’une des maladies chroniques les plus fréquentes de la cavité buccale. Elle se caractérise par une inflammation persistante des tissus qui entourent et soutiennent les dents et peut progressivement entraîner une destruction du ligament parodontal et de l’os alvéolaire, jusqu’au déchaussement puis à la perte dentaire.

Dans l’explication classique, les bactéries de la plaque dentaire occupent naturellement une place centrale. La maladie apparaît lorsque l’équilibre du microbiote oral est perturbé et que la réponse inflammatoire de l’organisme contribue elle-même à la destruction des tissus.

Mais cette vision pourrait-elle être incomplète ?

Depuis plusieurs décennies, des chercheurs observent dans les poches parodontales deux organismes microscopiques qui ne sont pas des bactéries : Entamoeba gingivalis, une amibe, et Trichomonas tenax, un protozoaire flagellé.

Ils appartiennent donc au monde des parasites au sens biologique large, même si leur situation est très différente de celle d’un ver intestinal comme Ascaris ou Taenia.

La question devient alors particulièrement intéressante : ces protozoaires sont-ils de simples passagers profitant d’un environnement déjà malade, ou participent-ils eux-mêmes au processus inflammatoire qui entretient la parodontite ?

C’est précisément là que les données scientifiques récentes commencent à rendre le sujet difficile à écarter.


Une émission relance une question ancienne

Le sujet a récemment été remis sur le devant de la scène dans les interventions du Pr Philippe Humbert consacrées aux parasites et aux maladies chroniques.

Dans une « Grande Conversation » consacrée aux parasites, le Pr Humbert présente notamment l’hypothèse selon laquelle certaines infections parasitaires insuffisamment recherchées pourraient participer à différents tableaux cliniques. Il ne faut toutefois pas confondre cette approche générale de la parasitologie avec une démonstration spécifique concernant la parodontite.

En revanche, il existe bien une littérature scientifique indépendante qui étudie directement les protozoaires présents dans les poches parodontales. Et c’est précisément ce croisement entre une question ancienne, une actualité médiatique et des publications scientifiques récentes qui mérite notre attention.


Entamoeba gingivalis : l’amibe de la bouche

Entamoeba gingivalis est une amibe microscopique connue depuis longtemps dans la cavité buccale humaine.

Contrairement à Entamoeba histolytica, célèbre pour son implication dans l’amibiase intestinale, E. gingivalis est spécifiquement associée à l’environnement buccal.

Elle peut être retrouvée dans la plaque dentaire, les espaces interdentaires et surtout dans les poches parodontales.

Pendant longtemps, sa présence a été considérée avec prudence : était-elle véritablement impliquée dans la maladie ou profitait-elle simplement de l’environnement particulier créé par une poche parodontale inflammatoire ?

La question est loin d’être anodine.

Une revue systématique publiée en 2022 a constaté que E. gingivalis et T. tenax étaient nettement plus présents dans les poches parodontales que dans les sillons gingivaux sains. Pour E. gingivalis, la prévalence regroupée dans les poches parodontales atteignait 76,9 % dans les études utilisant des méthodes moléculaires ; pour T. tenax, elle atteignait 38,6 %.

Cela ne prouve pas encore que l’amibe provoque la maladie. Mais cela rend difficile l’hypothèse selon laquelle sa présence serait totalement insignifiante.


Trichomonas tenax : un autre protozoaire dans les poches parodontales

Trichomonas tenax appartient aux protozoaires flagellés.

Il est connu depuis longtemps comme organisme de la cavité buccale humaine et peut être retrouvé dans la plaque dentaire et les poches parodontales.

Comme pour Entamoeba gingivalis, une question fondamentale demeure : le protozoaire est-il simplement favorisé par le milieu inflammatoire, ou participe-t-il à son maintien ?

Une revue consacrée à T. tenax avait déjà souligné une corrélation entre sa présence et les maladies parodontales, tout en appelant à davantage de travaux expérimentaux pour déterminer s’il peut réellement provoquer ou aggraver la maladie.

Cette prudence scientifique est essentielle. Car constater qu’un organisme est présent dans une lésion ne signifie pas automatiquement qu’il en est responsable.


Une méta-analyse particulièrement intéressante

L’un des éléments les plus importants pour comprendre l’évolution des connaissances est une méta-analyse publiée récemment, qui a regroupé 20 études consacrées à Entamoeba gingivalis et Trichomonas tenax.

Les résultats sont remarquables.

Chez les patients atteints de gingivite, la prévalence estimée de T. tenax était de 14 %, contre 26 % chez les patients atteints de parodontite.

Pour E. gingivalis, elle atteignait environ 45 % dans la gingivite et 55 % dans la parodontite. Plus important encore, les auteurs ont calculé des associations statistiques significatives avec les maladies parodontales.

Pour T. tenax, l’odds ratio était estimé à 2,30 pour la gingivite et à 2,90 pour la parodontite.

Pour E. gingivalis, l’association était encore plus forte : 4,08 pour la gingivite et 8,33 pour la parodontite.

Ces chiffres ne signifient pas que « huit personnes sur dix ayant une parodontite ont une amibe » ni que l’amibe multiplie mécaniquement par huit le risque individuel.

Ils signifient que, dans les données analysées, la présence du protozoaire était statistiquement beaucoup plus fréquente chez les personnes présentant la maladie. La nuance est fondamentale.


2026 : de nouvelles données renforcent encore le signal

Le sujet ne s’est pas arrêté aux anciennes publications.

Une étude publiée en juillet 2026 dans Clinical Oral Investigations a étudié 140 participants répartis en quatre groupes, notamment des personnes atteintes de parodontite, des personnes présentant une péri-implantite associée à une parodontite et des sujets sans maladie parodontale.

Les chercheurs ont recherché T. tenax et E. gingivalis dans des prélèvements provenant des dents et des implants.

Les deux protozoaires étaient détectés plus fréquemment chez les personnes atteintes de parodontite et de péri-implantite que chez les sujets sains.

Leur présence était également associée à la présence et à la sévérité de la maladie parodontale, indépendamment de certains autres facteurs étudiés.

Mais les auteurs ajoutent une réserve extrêmement importante : la présence de ces protozoaires dans une lésion ne démontre pas nécessairement une relation causale directe. Ils pourraient notamment représenter une activité microbienne opportuniste favorisée par l’inflammation.

Autrement dit, la science nous dit actuellement :

« Il existe un signal biologique sérieux. Nous devons comprendre son mécanisme. »

Elle ne nous autorise pas encore à dire :

« Ces parasites sont la cause de la parodontite. »


Comment pourraient-ils intervenir ?

Plusieurs mécanismes biologiques sont envisagés.

La cavité buccale constitue un écosystème extrêmement complexe. Elle contient des centaines d’espèces microbiennes et fonctionne comme un véritable microbiome.

Une poche parodontale profonde n’est donc pas simplement un « trou dans la gencive ». C’est un environnement biologique particulier, caractérisé par une modification du pH, de l’oxygénation, des nutriments disponibles, des protéines inflammatoires et des interactions entre bactéries, cellules immunitaires et autres microorganismes.

Dans cet environnement, des protozoaires peuvent trouver des conditions favorables. Mais l’histoire peut également fonctionner dans l’autre sens.

Certaines études expérimentales suggèrent que E. gingivalis et T. tenax peuvent interagir avec les cellules de l’hôte, participer à des phénomènes inflammatoires et favoriser l’expression de molécules pro-inflammatoires ainsi que le recrutement de neutrophiles.

Cela ouvre une hypothèse particulièrement intéressante :

les protozoaires pourraient ne pas être simplement des témoins de la maladie, mais participer à l’écosystème inflammatoire de la poche parodontale.

Cette hypothèse reste cependant à confirmer par des études interventionnelles.


Le véritable problème : cause, conséquence ou cercle vicieux ?

Il existe au moins trois scénarios possibles.

  • Premier scénario : les protozoaires provoquent ou contribuent directement à l’inflammation.
  • Deuxième scénario : la parodontite crée un environnement permettant aux protozoaires de se développer.
  • Troisième scénario, probablement beaucoup plus complexe : les deux phénomènes s’entretiennent mutuellement.

Une infection bactérienne ou une dysbiose initiale pourrait provoquer une inflammation. La poche parodontale deviendrait alors favorable à certains protozoaires. Ceux-ci pourraient à leur tour modifier l’environnement microbien et immunologique local, contribuant éventuellement à maintenir l’inflammation.

On aurait alors un cercle vicieux microbiote – inflammation – protozoaires – inflammation.

Cette troisième hypothèse est particulièrement intéressante parce qu’elle correspond à notre compréhension moderne des maladies chroniques : elles résultent rarement d’un seul facteur isolé.


La parodontite n’est pas simplement une « infection dentaire »

Il faut également sortir d’une vision trop simpliste de la maladie. La parodontite résulte d’interactions complexes entre le microbiote oral et la réponse immunitaire de l’hôte. Le problème n’est donc pas simplement la présence de microbes.

Nous vivons tous avec des microorganismes.

La question est plutôt de savoir dans quel contexte biologique ces microorganismes se trouvent, comment ils interagissent entre eux et comment le système immunitaire répond à cette communauté microbienne.

C’est pourquoi la découverte de protozoaires dans les poches parodontales est potentiellement importante. Elle élargit le champ d’étude. Au lieu de considérer uniquement les bactéries, il devient possible d’étudier l’ensemble de l’écosystème microbien de la poche parodontale.


Peut-on rechercher ces parasites ?

C’est probablement l’une des questions pratiques les plus intéressantes.

Les méthodes de détection ont évolué.

Historiquement, T. tenax et E. gingivalis ont notamment été recherchés par examen microscopique.

Aujourd’hui, les méthodes moléculaires, notamment certaines techniques de PCR, permettent une détection plus précise.

Une revue consacrée aux deux protozoaires souligne que la culture et surtout les méthodes moléculaires constituent des outils importants pour leur détection. Il faut néanmoins éviter de transformer immédiatement cette possibilité diagnostique en recommandation systématique.

Un patient souffrant d’une gingivite ou d’une parodontite doit avant tout bénéficier d’un véritable bilan parodontal réalisé par un professionnel.

En France, l’Assurance Maladie rappelle que la prise en charge repose notamment sur l’examen clinique, l’hygiène bucco-dentaire, le détartrage et, lorsque cela est nécessaire, des prélèvements permettant de rechercher les germes impliqués.

La recherche de protozoaires pourrait être particulièrement intéressante dans certaines situations résistantes, atypiques ou récidivantes, mais cette question mérite encore d’être standardisée.


Et l’ivermectine ?

C’est ici que le sujet devient particulièrement sensible. Lorsqu’on parle de parasites, beaucoup de lecteurs pensent immédiatement à l’ivermectine.

Cette molécule possède effectivement une activité antiparasitaire importante et est utilisée contre plusieurs infections parasitaires humaines.

Mais il serait scientifiquement incorrect de passer directement de :

« Entamoeba gingivalis est un protozoaire » à « l’ivermectine doit donc traiter la parodontite ».

Ce raisonnement ne tient pas pharmacologiquement. Un antiparasitaire n’est pas nécessairement actif contre tous les parasites.

Chaque molécule possède son spectre d’activité, ses cibles moléculaires, ses concentrations efficaces et ses limites.

À ce jour, les données disponibles sur E. gingivalis et T. tenax montrent surtout une association avec les maladies parodontales et des mécanismes biologiques potentiels. Elles ne permettent pas de considérer l’ivermectine comme un traitement établi de la parodontite à protozoaires.

Il serait donc prématuré, de recommander une automédication à base d’ivermectine sur la seule base de la présence supposée d’un parasite buccal, même si un déparasitage puissant ivermectine/fenbendazole/mebendazole serait un atout assainissant le terrain de tout parasites tiers.


Et le mébendazole ?

Le même raisonnement s’applique au mébendazole. Le mébendazole est un médicament antiparasitaire dont les principales indications concernent certains vers parasites, notamment les nématodes intestinaux.

Mais Entamoeba gingivalis et Trichomonas tenax sont des protozoaires.

Le fait qu’un médicament soit efficace contre certains helminthes ne signifie donc pas qu’il soit efficace contre ces protozoaires. C’est précisément pourquoi il faut distinguer deux notions trop souvent mélangées dans le discours grand public : antiparasitaire est une catégorie pharmacologique générale ; activité contre un parasite déterminé est une propriété spécifique qu’il faut démontrer.

Cette distinction devrait être centrale dans toute discussion sérieuse sur le sujet.


Le Grand Bréviaire des Parasites Humains : une grille de lecture utile

Cette problématique rejoint directement l’une des idées fondamentales développées dans Le Grand Bréviaire des Parasites Humains : il n’existe pas « un parasite » mais une extraordinaire diversité d’organismes ayant des cycles biologiques, des tropismes tissulaires, des mécanismes d’invasion et des sensibilités thérapeutiques très différents.

Les protozoaires occupent une place particulière dans cette classification.

  • Certains sont intestinaux.
  • D’autres sont sanguins.
  • Certains peuvent être intracellulaires.
  • D’autres colonisent des muqueuses.

Et certains, comme Entamoeba gingivalis et Trichomonas tenax, appartiennent à l’écosystème de la cavité buccale.

Le cas de la parodontite illustre donc parfaitement pourquoi la parasitologie moderne doit être envisagée en termes d’écosystèmes et d’interactions plutôt qu’à travers une simple opposition entre « présence » et « absence » de parasites.

Voir l’article sur Le Grand Bréviaire des Parasites Humains

Une nouvelle approche du microbiome oral ?

Le microbiome oral pourrait finalement être beaucoup plus complexe qu’on ne le pensait. Bactéries, champignons, virus et protozoaires peuvent cohabiter et interagir.

La question n’est donc plus seulement :

« Quelle bactérie provoque la parodontite ? »

mais potentiellement :

« Quelle communauté microbienne et quel environnement immunitaire permettent à la maladie de s’installer et de progresser ? »

Dans cette perspective, les protozoaires deviennent des acteurs à étudier. Cela pourrait également expliquer pourquoi deux personnes ayant une hygiène dentaire apparemment comparable peuvent présenter des évolutions parodontales très différentes.

Le terrain immunitaire, le tabagisme, le diabète, l’âge, certains médicaments, la génétique, le microbiome et les facteurs locaux jouent déjà un rôle reconnu. Les protozoaires pourraient constituer une pièce supplémentaire de ce puzzle.


Faut-il désormais rechercher systématiquement les parasites chez les patients atteints de parodontite ?

Non, pas à ce stade.

Ce serait aller beaucoup trop loin par rapport aux preuves disponibles. Les données actuelles justifient en revanche de poursuivre les recherches.

Il faudrait notamment disposer d’études prospectives permettant de déterminer si la présence de E. gingivalis ou de T. tenax précède l’aggravation de la maladie.

Il faudrait également conduire des études interventionnelles permettant de savoir si leur élimination entraîne une amélioration clinique significative.

Et surtout, il faudrait déterminer si une stratégie ciblant ces protozoaires apporte quelque chose de supplémentaire par rapport au traitement parodontal conventionnel.

C’est cette dernière question qui sera déterminante.


Une piste de recherche plutôt qu’une nouvelle « solution miracle »

C’est probablement la conclusion la plus importante. Le véritable intérêt de cette découverte potentielle n’est pas de remplacer le dentiste par un antiparasitaire.

Il est de mieux comprendre pourquoi certaines maladies parodontales persistent, récidivent ou évoluent malgré une prise en charge correcte.

Si certains protozoaires jouent effectivement un rôle actif dans certaines formes de parodontite, ils pourraient devenir demain des biomarqueurs, des cibles thérapeutiques ou des éléments permettant de mieux stratifier les patients.

Mais nous n’en sommes pas encore là.

La science est précisément intéressante lorsqu’elle accepte de rester dans cette zone intermédiaire où une observation est suffisamment solide pour être prise au sérieux, mais pas encore suffisamment démontrée pour devenir une certitude.


Conclusion : la bouche pourrait-elle être un territoire parasitaire à part entière ?

Pendant longtemps, le mot « parasite » a spontanément évoqué l’intestin, le foie ou le sang.

La cavité buccale est beaucoup moins souvent associée à la parasitologie.

Pourtant, Entamoeba gingivalis et Trichomonas tenax sont connus depuis longtemps et les recherches récentes montrent qu’ils sont beaucoup plus fréquemment retrouvés dans les environnements parodontaux malades que dans les tissus sains.

Les méta-analyses disponibles montrent une association significative. Une étude publiée en 2026 retrouve encore cette association avec la parodontite et la péri-implantite.

Des mécanismes biologiques plausibles sont également étudiés.

La véritable question scientifique intéressante :

les protozoaires de la cavité buccale sont-ils simplement les témoins d’un environnement parodontal malade, ou certains d’entre eux participent-ils activement à l’entretien de l’inflammation et à la destruction des tissus ?

La réponse pourrait modifier notre compréhension de certaines maladies parodontales.

Pour l’instant, une chose est certaine : les parasites ne sont peut-être pas les seuls acteurs de la parodontite, mais ils pourraient faire partie des acteurs que nous avons trop longtemps regardés à travers le microscope sans leur accorder suffisamment d’importance.


omega 3 contre inflammation gingivale

Inflammation, parodontite et oméga-3 : le rôle du « terrain »

La présence éventuelle de protozoaires dans une poche parodontale ne suffit cependant pas à expliquer, à elle seule, la destruction des tissus. La parodontite est aussi une maladie de la réponse inflammatoire de l’hôte.

Lorsque l’inflammation devient chronique, les médiateurs pro-inflammatoires peuvent contribuer à la dégradation du ligament parodontal et à la résorption de l’os alvéolaire. Cette notion rejoint celle d’un état inflammatoire chronique de bas grade : le problème n’est pas seulement la présence d’un microorganisme, mais la manière dont l’organisme réagit durablement à son environnement microbien.

Oméga-3 : favoriser la résolution plutôt que simplement « bloquer » l’inflammation

C’est dans ce contexte que les acides gras oméga-3, notamment EPA et DHA, présentent un intérêt potentiel. Ils ne constituent évidemment pas un traitement antiparasitaire et ne doivent pas être présentés comme tels. Leur intérêt est différent : ils participent à la production de médiateurs spécialisés de résolution de l’inflammation, notamment les résolvines et les protectines.

Des essais cliniques et méta-analyses récentes suggèrent que la supplémentation en oméga-3, lorsqu’elle est associée au traitement parodontal conventionnel, pourrait améliorer modestement certains paramètres cliniques, notamment la profondeur des poches et le niveau d’attache clinique. Une méta-analyse publiée en 2026 a notamment retrouvé un bénéfice supplémentaire sur ces deux paramètres, tout en soulignant la nécessité d’études encore mieux standardisées.

Une approche complémentaire : micro-organismes et réponse de l’hôte

Cette observation ouvre une perspective particulièrement intéressante : plutôt que d’opposer systématiquement la recherche des micro-organismes et la lutte contre l’inflammation, il pourrait être pertinent d’étudier les deux dimensions simultanément. D’un côté, identifier les éventuels protozoaires associés à certaines parodontites ; de l’autre, favoriser la résolution de l’inflammation et préserver les tissus parodontaux.

Les oméga-3 pourraient ainsi s’inscrire dans une approche de modulation de la réponse de l’hôte, en complément — et non en remplacement — des soins parodontaux conventionnels. Cette approche reste toutefois complémentaire : elle ne permet pas actuellement de conclure que les oméga-3 guérissent une parodontite ni qu’ils éliminent les protozoaires éventuellement présents.


Mini-protocole de soutien — parodontite, inflammation et terrain

MomentÉlémentDose / quantité indicativeObjectifDurée indicativeFournisseur / produit
MatinOméga-3 EPA + DHA≈ 2 000 mg EPA+DHA/jourModulation et résolution de l’inflammation, soutien de la réponse de l’hôte8–12 semaines Fournisseur cliquez ici
MatinHuile d’oméga-3 de référence12 ml ≈ 1 966 mg EPA+DHAApport combiné EPA + DHA8–12 semainesFournisseur cliquez ici
MatinPolyphénolsInclus dans l’huile d’omega 3 et huile d’olive vierge de qualitéSoutien antioxydant et modulation des voies inflammatoires8–12 semaines
MatinVitamine D3Selon 25-OH-vitamine DImmunité et métabolisme osseuxSelon bilanFournisseur cliquez ici
Matin / midiVitamine C LiposomaleApport alimentaire prioritaireSynthèse du collagène, tissus gingivaux, protection antioxydante8–12 semainesFournisseur cliquez ici
MidiAlimentation riche en végétaux + Probiotiques QuotidienneFibres, polyphénols, microbiote intestinal et oralPermanentFournisseur cliquez ici
MidiHuile d’olive vierge extraSelon alimentationPolyphénols + acides gras mono-insaturésPermanent
MidiPoissons gras2–3 fois/semaineEPA/DHA alimentairesPermanent
SoirMagnésiumSelon produit et besoinsSoutien métabolique général8–12 semainesFournisseur cliquez ici
SoirZincSelon apports / situationFonction immunitaire et intégrité des tissusSelon situationFournisseur cliquez ici
SoirHygiène interdentaire1 ×/jourRéduction du biofilm et des débrisPermanent
Matin + soirBrossage dentaire2 ×/jourContrôle de la plaquePermanent
Selon bilanSoins parodontaux professionnelsSelon diagnosticRéduction du tartre, biofilm et profondeur des pochesSelon situation
Selon indicationRecherche d’Entamoeba gingivalisPrélèvementRecherche ciblée d’un protozoairePonctuel
Selon indicationRecherche de Trichomonas tenaxPrélèvementRecherche ciblée d’un protozoairePonctuel
Diagnostic parasitaire positif + indication médicaleIvermectine30 mgTraitement d’une parasitose pour laquelle l’ivermectine est indiquée8–12 semainesFournisseur cliquez ici
Diagnostic parasitaire positif + indication médicaleMébendazole250 mgTraitement d’helminthiases sensibles8–12 semainesFournisseur cliquez ici
HumainFenbendazole444/500 mgAnthelminthique vétérinaire, absence de protocole humain validé8–12 semainesFournisseur cliquez ici

Recherches scientifiques et références

  1. The Relationship Between Entamoeba gingivalis and Trichomonas tenax With Periodontitis and Gingivitis: A Systematic Review, Meta-Analysis, and Meta-Regression.
    Publication : 2025.
    Base : PubMed.
    PMID : 40716826.
    Analyse de 20 études portant sur l’association entre les deux protozoaires et les maladies parodontales.
  2. Parasites in Periodontal Health and Disease: A Systematic Review and Meta-analysis.
    Publication : 2022.
    Base : PubMed.
    PMID : 35612794.
    Analyse moléculaire de la présence d’Entamoeba gingivalis et Trichomonas tenax dans les poches parodontales.
  3. Entamoeba gingivalis and Trichomonas tenax: Protozoa Parasites Living in the Mouth.
    Publication : 2023.
    Base : PubMed.
    PMID : 36764082.
    Revue consacrée à la biologie, à la pathogénicité potentielle et au diagnostic de ces deux protozoaires.
  4. Association of Entamoeba gingivalis with Periodontal Disease – Systematic Review and Meta-Analysis.
    Publication : 2024.
    Base : PubMed.
    PMID : 38792919.
    Revue systématique consacrée à l’association entre E. gingivalis et les maladies parodontales.
  5. Trichomonas tenax and periodontal diseases: a concise review.
    Publication : 2017.
    Base : PubMed.
    PMID : 28583214.
    Revue de la prévalence et du rôle potentiel de T. tenax dans les maladies parodontales.
  6. The association between Trichomonas tenax and Entamoeba gingivalis and periimplantitis and periodontitis.
    Publication : juillet 2026.
    Journal : Clinical Oral Investigations.
    DOI : 10.1007/s00784-026-07036-x.
    Étude portant sur 140 participants et comparant notamment des sujets atteints de parodontite ou de péri-implantite à des sujets sains.
  7. Consultation et traitement de la gingivite et de la parodontite.
    Source : Assurance Maladie, France.
    Mise à jour : 9 avril 2026.
    Source institutionnelle concernant le diagnostic et la prise en charge des maladies gingivales et parodontales.
  8. Pr Philippe Humbert – « Et si c’était les parasites ? »
    Grande Conversation, février 2026.
    Source : Conversation Santé.
    Émission consacrée aux parasites, à leur diagnostic et à leurs interactions potentielles avec différentes maladies chroniques.

À retenir

Ce que les recherches établissent : Entamoeba gingivalis et Trichomonas tenax sont retrouvés dans la cavité buccale et beaucoup plus fréquemment dans les environnements parodontaux malades.

Ce qui est fortement suggéré : leur présence pourrait être associée à la sévérité de certaines maladies parodontales et ils pourraient participer à l’environnement inflammatoire.

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