Fenbendazole et cancer : mécanismes scientifiques et potentiel anticancéreux

fenbendazole recherche cancer

Fenbendazole et cancer : un médicament antiparasitaire aux propriétés anticancéreuses prometteuses

Le fenbendazole est à l’origine un médicament antiparasitaire vétérinaire, utilisé depuis des décennies pour éliminer les vers intestinaux chez de nombreuses espèces animales. Peu coûteux, bien toléré et doté d’une excellente marge de sécurité, il attire aujourd’hui l’attention des chercheurs pour une raison inattendue : son potentiel anticancéreux.

Les études scientifiques montrent que le fenbendazole agit sur plusieurs mécanismes clés de survie des cellules cancéreuses, ce qui en fait un candidat particulièrement intéressant dans le cadre du repositionnement de médicaments (drug repurposing).


Cadre scientifique”

Les mécanismes décrits dans cet article sont issus de publications scientifiques évaluées par des pairs (peer-reviewed), principalement réalisées in vitro et sur modèles animaux. Ils contribuent à la compréhension des voies biologiques impliquées dans la croissance tumorale, sans constituer une recommandation médicale.


Fenbendazole et cancer : comprendre simplement un mécanisme complexe

Des études précliniques suggèrent une activité anticancéreuse. Le fenbendazole, une molécule repositionnée étudiée en oncologie expérimentale. Une approche étudiée dans des modèles cellulaires et animaux.

Une action ciblée sur les microtubules, sans toxicité excessive

microtubule alimentation sucre cellule

Les microtubules sont des structures essentielles à la division cellulaire. Ils permettent aux cellules de se multiplier, de se déplacer et de conserver leur forme. C’est pour cette raison qu’ils constituent l’une des cibles majeures des chimiothérapies modernes (taxanes, vinca-alcaloïdes, colchicine, etc.).

Le fenbendazole agit comme un déstabilisateur modéré des microtubules :

  • il perturbe leur organisation,
  • bloque la division des cellules cancéreuses,
  • induit un arrêt du cycle cellulaire en phase mitotique,
  • déclenche une mort cellulaire programmée (apoptose).

Contrairement à certains médicaments anticancéreux classiques, son action est plus douce mais persistante, ce qui pourrait expliquer sa toxicité réduite sur les cellules saines.

Voir : Fenbendazole et microtubules : une cible clé de la division cellulaire cancéreuse


Un avantage clé : pas de résistance médicamenteuse majeure

Un problème fréquent des chimiothérapies est la multirésistance aux médicaments (MDR), souvent liée à la glycoprotéine P (P-gp), qui expulse les traitements hors des cellules cancéreuses.

Les résultats montrent que :

  • le fenbendazole n’est ni un substrat ni un inhibiteur de la P-gp,
  • son efficacité n’est donc pas réduite par ce mécanisme de résistance,
  • il conserve son activité là où d’autres traitements échouent.

C’est un atout majeur dans la lutte contre les cancers résistants.

Voir : Fenbendazole et résistance aux chimiothérapies : l’avantage face à la P-gp


Activation de p53 : le gardien du génome

protéine p53 soutenu par le fenbendazole

La protéine p53 joue un rôle central dans la protection contre le cancer. Lorsqu’elle fonctionne normalement, elle peut :

  • bloquer la prolifération cellulaire,
  • réparer l’ADN,
  • déclencher l’apoptose si les dégâts sont irréversibles.

Le fenbendazole :

  • stabilise la protéine p53,
  • favorise sa translocation vers le noyau et les mitochondries,
  • amplifie les signaux de mort cellulaire,
  • est particulièrement efficace dans les cellules cancéreuses possédant une p53 fonctionnelle.

Cette activation ciblée explique pourquoi les cellules tumorales sont beaucoup plus sensibles que les cellules normales.

Voir : Fenbendazole et p53 : activation du suppresseur de tumeur


Le fenbendazole affame les cellules cancéreuses

apoptose cellulaire programmée fenbendazole

Les cellules cancéreuses ont un besoin massif de glucose pour survivre (effet Warburg). Le fenbendazole agit directement sur ce point critique :

  • inhibition de l’absorption du glucose,
  • diminution des transporteurs GLUT,
  • inhibition de l’hexokinase II (HKII), enzyme clé de la glycolyse,
  • réduction de la production de lactate,
  • perturbation profonde du métabolisme énergétique tumoral.

En clair, le fenbendazole prive les cellules cancéreuses de leur principale source d’énergie, les rendant beaucoup plus vulnérables à l’apoptose.

Voir : Fenbendazole et métabolisme du glucose : affamer les cellules cancéreuses


Une action multi-cibles, essentielle contre le cancer

Le cancer ne repose pas sur une seule anomalie, mais sur un réseau complexe de voies cellulaires dérégulées. Les traitements à cible unique sont souvent contournés par les cellules tumorales.

Le fenbendazole agit simultanément sur :

  • les microtubules,
  • le cycle cellulaire,
  • protéine p53,
  • le métabolisme du glucose,
  • les mitochondries,
  • l’angiogenèse tumorale.

Cette action pléiotrope réduit fortement le risque de résistance.


Effets synergiques avec d’autres traitements

Les études montrent une synergie marquée entre le fenbendazole et :

  • le dichloroacétate (DCA),
  • le 2-désoxyglucose (2-DG),
  • le paclitaxel (taxol).

Ces associations renforcent l’inhibition tumorale, suggérant un potentiel intéressant en thérapie combinée.

Voir : Fenbendazole, DCA et 2-DG : synergies métaboliques anticancéreuses


Des résultats probants in vivo

Chez la souris porteuse de tumeurs humaines :

  • l’administration orale de fenbendazole ralentit fortement la croissance tumorale,
  • diminue la vascularisation des tumeurs,
  • augmente l’apoptose des cellules cancéreuses,
  • sans toxicité majeure observée.

Ces résultats confirment les données obtenues en laboratoire.


Conclusion : un candidat anticancéreux sérieux à explorer

Le fenbendazole se distingue par :

  • son profil de sécurité élevé,
  • son coût très faible,
  • son action anticancéreuse multi-mécanismes,
  • sa capacité à contourner les résistances,
  • et ses résultats prometteurs in vitro et in vivo.

Bien qu’il ne soit pas encore approuvé comme traitement anticancéreux chez l’humain, les données scientifiques suggèrent qu’il mérite une évaluation clinique approfondie comme agent thérapeutique potentiel contre le cancer.


Références scientifiques

  1. Jordan MA, Wilson L. Microtubules as a target for anticancer drugs. Nat Rev Cancer. 2004.
  2. Dumontet C, Jordan MA. Microtubule-binding agents. Nat Rev Drug Discov. 2010.
  3. Kavallaris M. Microtubules and resistance to tubulin-binding agents. Nat Rev Cancer. 2010.
  4. Pellegrini F, et al. Targeting microtubules in cancer therapy. Curr Med Chem.
  5. Mitchison TJ. The proliferation rate paradox in antimitotic chemotherapy. Mol Biol Cell.
  6. Dogra N, et al. Fenbendazole acts as a moderate microtubule destabilizing agent and induces apoptosis in cancer cells. Sci Rep. 2018.
  7. Lacey E. Mode of action of benzimidazoles. Parasitol Today.
  8. Terada M, et al. Safety evaluation of fenbendazole in mammals. Vet Pharmacol.
  9. Dogra N, et al. Fenbendazole targets glucose metabolism and p53 pathways in cancer cells. Sci Rep.
  10. Gottlieb E, et al. Cancer metabolism and the Warburg effect. Science.

Pour savoir où se procurer du Fenbendazole de qualité, cliquez l’image ci-dessous :


Responsabilité éditoriale

Les informations présentées ont une visée éducative et scientifique. Elles ne remplacent en aucun cas un avis médical ou un traitement prescrit par un professionnel de santé.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Verified by MonsterInsights